Et oui ! Ici, les vacances d'été viennent de commencer ! Ça commence à Noël, une bonne occasion d'envoyer un bon
asado (un barbecue) en plein soleil, et ça dure jusqu'à début mars, quand
la température redescend en-desous du seuil de "sieste au bureau".

Nous aussi on a bien besoin d'un vrai été, à force de lire les nouvelles de gel et
de tempêtes de neige en Europe

. Alors nous quittons la Terre de Feu, où on se les gèle quand même bien dès qu'un nuage
cache le soleil, le 24 au matin. 12 heures, 2 frontières, 4 empanadas et 1 détroit de Magellan plus loin, nous arrivons à Rio Gallegos, réputée être la pire ville du monde pour passer Noël (ou
quelque chose comme ça). On ne s'attarde pas et on reprend un bus, direction la région du rio Chubut, le seul rio au milieu de 1000 km de désert patagonien. On passe donc le réveillon de Noël dans
le bus et on marque le coup avec la vraie bière la plus australe du monde, la Beagle, dont on ne se lasse pas. Le repas de Noël servi par la compagnie de bus est largement à la hauteur des
sandwiches SNCF des années 90. On se rattrape sur le lever de soleil sur l'océan Atlantique, lorsque le bus traverse Comodoro Rivadavia.

Nous arrivons à Trelew en fin de matinée le jour de Noël, et nous
fonçons tout de suite à Gaiman, une petite bourgade Galloise (oui, vous avez bien lu !). Grosse activité à Gaiman en ce 25 décembre à midi : tout est fermé, y a pas un chat dans la rue, et il fait
une chaleur d'enfer. C'est le début de la spirale infernale. On traine pas, on retourne tout de suite à Trelew, on hésite à y rester ou à aller à Rawson, et finalement on file à Puerto Madryn, une
ville touristique de la côte Atlantique, à proximité de la Peninsula Valdes. Il fait tout aussi chaud, mais au moins il y a mer, alors on a bien mérité une petite glace ? Bon, c'est pas tout ça,
mais maintenant faudrait trouver le camping. C'est à la périphérie de la ville, faut marcher un peu le long du front de mer. Le camping municipal se révèle être affilié à l'Automobil Club
Argentino, et effectivement les Porteños (les habitants de Buenos Aires) sont venus en masse et en famille et en voiture pour fêter l'été à grands coups de barbecue. Ça fait pas vraiment rêver. On
se casse. Il paraît qu'il y a un autre camping... qu'on ne trouvera jamais. On est au fond de la spirale infernale quand 3 gentils routards français nous proposent de nous emmener en voiture. On ne
trouve pas plus l'autre camping, mais au moins on va se ballader dans les dunes avec eux, c'est sympa. La spirale infernale s'inverse et se transforme en spirale gagnante. De retour en ville, on se
pose dans une auberge un peu au hasard. La spirale de la chance vient de transformer le camping

municipal de beaufs en sympathique auberge de jeunesse pleine de gens super ! En resortant dans la rue, on recroise les 3 Français, qui eux démarrent leur spirale infernale : ils
ne peuvent plus tirer d'argent au distributeur. Cette fois c'est nous les sauveurs, on leur prête de l'argent pour payer leur auberge, et on les reverra à Buenos Aires.
Puerto Madryn a beau être très touristique, c'est assez sympa. On en profite pour se faire enfin notre repas de Noël, le 26 midi, dans un petit resto de poissons du port. La bouteille de vin blanc
n'est qu'en partie responsable d'une après-midi où l'on n'entreprend strictement rien, ce qui est le meilleur moyen d'éviter de rater quelquechose (comme dirait les Shadoks).
Mais on n'est pas en vacances pour glander ; il faut valider les activités touristiques du coin. Dimanche 27, on s'offre donc une excursion à la Peninsula Valdes, réputée pour sa faune (lions de
mer, éléphants de mer, pingouins, baleines, orcs, guanacos, choiques, renards, tatoos...). On sait que les dernières baleines sont parties il y a déjà une bonne semaine, et qu'on n'a que peu de
chance de voir des orcs, mais on s'attend à bien profiter du reste. Malheureusement la guide choisit un planning avec un ordre de visite des sites qui n'est pas bien adapté aux marées, de sorte
qu'on arrive à marée basse sur les plages où sont les lions et les éléphants de mer. Résultat, on ne les voit que de loin, car la plateforme touristique est derrière la plage et les animaux restent
vautrés près de l'eau. Bon, c'est quand même de belles bêbêtes, et le paysage est pas laid.

L'après-midi, pendant que le reste du groupe se paie le supplément bateau qui
permet d'aller traquer les baleines (sans aucune chance de réussite), on profite de la plage de sable fin de Puerto Piramides. Pique-nique, baignade, yoga, détente... On finit la journée
autour d'un bon barbecue en compagnie d'autres voyageurs de l'auberge.

Lundi 27, on remet le couvert pour une excursion touristique. Cette
fois, on est en petit comité : juste 2 autres touristes Français (Maud et Frank) avec Delphine et moi, plus le guide-chauffeur. On va à Punta Tumbo, où vit une colonie de pingouins de Magellan. Les
petits sont nés il y a un peu plus d'un mois, de sorte que la colonie compte environ 900000 pingouins ! On vit un moment exceptionnel, dans un cadre magnifique, entourés de pingouins aussi curieux
que Delphine et aussi débiles que moi.
Après les pingouins, les dauphins ! Le guide nous emmène à Puerto Rawson où l'on monte à bord d'un gros Zodiac. Il nous emmène traquer les dauphins de Commerson qui paraît-il grouillent dans cette
baie. Le capitaine a d'abord du mal à les trouver, mais heureusement un autre bateau en a repéré un petit groupe. Après, c'est la folie : les dauphins jouent autour des deux bateaux, et font la
course avec nous. Ils viennent si près que j'arrive presque à les toucher en me penchant par dessus bord. Delphine est hystérique (aïe, arrête de me taper, c'est mon blog d'abord, j'écris ce que je
veux !)...

On rentre au port et on se calme.

Le guide nous emmène ensuite à Gaiman où il nous laisse comme convenu et rentre seul à
Puerto Madryn. Comme tous les touristes qui viennent jusqu'ici, on va prendre le thé dans une
casa de té au nom typiquement gallois (
Ty Gwyn), en compagnie de Maud et Franck. Le
thé est fortement britannique et accompagné de nombreux gateaux et tartes prétendument gallois. On passe la nuit à Gaiman dans un B&B au petit-déjeuner pantagruelique et délicieux. Le lendemain
matin (celui du fameux petit-dej), on finit de visiter Gaiman, une petite ville issue de l'immigration galloise et qui reste relativement morte y compris après Noël. Il y a quand même un artiste un
peu barjo qui a fait un parc remplis d'oeuvres d'art réalisées en recyclant tous les déchets qui lui tombaient sous la main. Le résultat est assez incroyable. Pour la petite histoire, l'artiste
s'est éteint à 91 ans le jour de Noël (le jour de notre premier passage à Gaiman).

Gaiman ne présentant pas vraiment d'autre intérêt, on retourne à Trelew, d'où part notre bus pour Buenos Aires. On a l'après-midi libre et on en profite pour aller visiter le très bon musée
paléontologique, plein de reconstitutions de squelettes de dinosaures (dont certains gigantesques !). Pas mal de fossiles ont en effet été retrouvés en Patagonie.
Voilà de quoi méditer pendant les 18 heures de bus qui nous attendent...
En attendant, on vous souhaite un très bon réveillon et on se retrouve en 2010 !