Mardi 19 janvier 2010
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16:30

La Quilmes est la bière argentine la plus consommée.
Pour ce que j'en ai vu, la moyenne nationale doit se situer vers 1 bouteille par adulte et par jour, sachant que la bouteille fait presque 1 litre. Elle se décline en plusieurs variétés, mais c'est
surtout la Cristal (de type
lager) que l'on trouve partout. Personnellement, je trouve qu'elle a pas beaucoup de goût mais qu'elle rafraichit bien, ce qui est déjà pas mal par ce temps de
canicule.
La bière Quilmes tient son nom de la ville Quilmes, dans la région de Buenos Aires, où se trouve la brasserie.
La ville de Quilmes tient son nom d'un peuple indien, et c'est là que mon charabia devient intéressant (ou pas).
A une cinquantaine de kilomètres au sud de Cafayate, on trouve les ruines Quilmes, une citadelle construite à flanc de montagne par le peuple du même nom, à partir du XIème siècle. Le site est
assez impressionnant par sa taille, même s'il ne reste que des murets en pierre. Par contre on connaît peu de choses du peuple Quilmes, ou alors c'est juste les guides. Actuellement, après de
longues bagarres avec l'Etat et les propriétaires privés, c'est la communauté indienne du coin qui gère le site.
Les Quilmes, comme tous les peuples indiens du coin, ont été conquis par les Incas puis par les Espagnols. Ils réussirent à retrouver brièvement leur indépendance entre les deux conquêtes,
profitant de ce que les Incas étaient trop occupés à affonter les Espagnols au Pérou pour se préoccuper d'eux. Les Quilmes ont ensuite férocement tenu tête aux conquistadors, ce qui leur valut une
punition exemplaire : les 2000 survivants de la conquête furent envoyés à pied à Buenos Aires (à la ville de Quilmes en fait, d'où son nom) pour les humilier. Apres 6 ans de marche (c'est pas tout
près), seulement environ 300 arrivèrent vivants. Les conquistadors, des vrais gentlemen.

Arriver aux ruines n'est pas facile, car les transports publiques font halte à 5 km du site. Ensuite il faut marcher sous le cagnard ou payer un pick-up local. Repartir est encore pire, car les bus
sont pleins. Après le passage du dernier bus, je passe en mode autostopper et heureusement ça se passe pas trop mal. Je me fais déposer à Amaicha del Valle, le premier bled au sud des ruines, où je
compte passer la nuit. J'y découvre un intéressant musée inconnu du Lonely Planet : il s'agit du projet d'un artiste local dont j'ai déjà oublié le nom. Il a construit un complexe pour exposer ses
oeuvres (tapisseries indiennes et peintures), mais également pour traiter du milieu naturel et expliquer sa relation avec les indiens (la Pachamama, Terre Mère). Il y a donc un peu de tout ce qui
touche à la vallée (géologie, paléotonlogie, préhistoire et histoire des communautés indiennes du coin, mode de vie, etc...). L'architecture du complexe est en soit une oeuvre d'art à la gloire de
la Pachamama. J'y observe un beau coucher de soleil.

La suite est un peu galère. D'abord je trouve pas d'auberge, tout est plein. Je finis par m'installer dans un camping plein de backbackers argentins qui font la fête jusqu'à pas d'heure. Le sol est
trop dur pour planter des sardines, et avec l'orage que l'on apreçoit sur les montagnes au font, c'est pas très rassurant. Heureusement il restera sur les montagnes. En plus il y a pas de
peña ce soir, à cause d'un festival de théâtre de rue tout nul. Le lendemain matin, je prends le bus pour Tucuman. Je suis de mauvaise humeur, j'ai pas bien dormi. Je passe 2 heures debout
car le bus est plein. Je me console avec le paysage. A Tucuman, au pied de la cordillère, il fait hyper chaud et humide. Pas moyen de rester dehors, et tous les musées sont fermés jusqu'à 16h.
Alors je me réfugie dans un cybercafé et j'écris un article de blog.
Ce soir, je prends le bus pour un long voyage à destination de Mendoza. Si tout ce passe bien, je devrais y retrouver Groju et sa copine, pour une fin de voyage au goût Flamby...