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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 21:00
Mendoza, c'est une histoire de température et de météo.

En fait, tout commence à Tucuman, où il fait hyper chaud et humide. Comme prévu, le soir, je prends mon bus de nuit à destination Mendoza. On roule 2 heures, et crac, la clim rend l'âme. On s'en aperçoit pas tout de suite, surtout que la clim de l'étage inférieur, où est le stewart, marche toujours. Mais en haut, ça devient vite un sauna. La compagnie de bus (Andesmar, à rajouter à ma liste noire) finit par réagir et improvise un changement de bus à minuit dans un hangar glauque en banlieue de je ne sais quelle ville. On repart. Une heure plus tard, re-crac, la clim du nouveau bus meurt aussi. A l'étage supérieur uniquement, bien sûr. On re-crève de chaud. En ouvrant les aérations du toit, on sauve la nuit. Mais dès que le jour se lève, on cuit à petit feu. Avec cette histoire, je chope une bonne crêve que je vais garder pendant une semaine.

Mendoza-004.jpgC'est donc bien cuit que j'arrive à Mendoza mercredi en fin de matinée. Il fait beau, très chaud et sec. Le temps idéal pour produire du vin rouge, la spécialité de la région. Je m'installe à l'auberge et pars à la chasse aux informations sur les treks, en attendant l'arrivée de Groju (ex-Flambyteam) et Nad (sa copine). La tâche est ardue, les agences de tourisme lâchent rien. C'est bien plus facile de se renseigner sur les visites viticoles... Ça occupe bien la journée, ou plutôt la fin d'après-midi, car il fait trop chaud pour faire quoi que soit avant 17h. Le soir j'attends Ju & Nad, qui viennent de Santiago, au terminal de bus... c'est le Flamby !!! Ils arrivent pas...
Ils débarquent à l'auberge le lendemain matin. Le bus avait 3 heures de retard. Ils ont dû se payer une nuit d'hotel, les pauvres ! Il est 10h, la chaleur sévit déjà et anéantit toute notre énergie. On décide donc de rester à Mendoza jusqu'au lendemain matin, dans l'espoir de mettre un plan au point Mendoza-016.jpgd'ici là. Dans l'après-midi, pendant que Ju et Nad font la sieste, je réunis assez de force pour me déplacer jusqu'à l'aquarium municipal (climatisé bien sûr). Je fais coucou à Nemo et ses potes, et surtout je fais connaissance avec Jorge (nom véridique), qui a été récupéré blessé au large de Buenos Aires, dans des eaux bien trop froides pour lui. On lui a donc fait une piscine à Mendoza. Allez Jorge, fait coucou aux lecteurs !
En fin d'après-midi, on finit par se motiver suffisamment pour réunir assez d'info et mettre au point un plan de trek. On dira que ça valide la journée.
En tout cas, l'auberge est très sympa, et le soir on s'organise un bon gros asado avec les autres pensionnaires.

Départ donc vendredi matin pour 4 jours de trek dans le Cordon del Plata, la chaîne de montagnes située entre Mendoza et la chaîne principale de la Cordillère des Andes. Une sorte de pre-cordillère, mais qui culmine quand même à 5900 m ! Il y a pas mal d'alpinistes qui viennent par là pour s'acclimater avant d'attaquer l'Aconcagua. Nous on y va sans ambition, pour échapper à la chaleur de Mendoza et à la foule du secteur de l'Aconcagua. Et de ce point de vue on a bien choisi !
La première étape est assez courte et on pose le camp à 3400 m, en bas d'une belle vallée glacière... juste à temps avant l'orage de grêle ! On découvre ainsi la particularité météo du coin : ça commence beau mais la forte chaleur dans la plaine de Mendoza condense de gros cumulus qui éclatent en orage sur le Cordon del Plata... jusqu'à 3 fois par jour !!! Bon, faut donc profiter de la matinée avant le premier orage.

Cordon-del-Plata-022.jpg
La deuxième étape consiste à remonter la vallée glacière jusqu'en haut d'un vérou rocheux, à 4200 m, où est situé le camp de base des principaux sommets de la chaîne. Cette étape est courte aussi, et heureusement car l'orage éclate dès 11h ! On passe donc l'après-midi sous la tente, à s'acclimater paisiblement, faute de pouvoir sortir. D'autant plus qu'il fait vraiment pas chaud à cette altitude ! Et quand ça se calme, on profite de la vue sur la vallée. Comme vous pouvez le constater, c'est très minéral (normal à cette altitude à cette latitude).

Cordon-del-Plata-034.jpg
Dimanche, on tente une petite ballade matinale avant que le ciel n'éclate. Ju et Nad renoncent très vite, au vu du ciel menaçant, et je continue seul. J'ai de la chance et le temps reste clair assez longtemps en altitude, ce qui me permet d'atteindre un petit col à 4850 m. A peine au-dessus du Mont Blanc. J'irai bien plus loin, vers le deuxième col à 5200 m, voir vers les sommets, mais le ciel se couvre et je choisis l'option sécurité.

Cordon-del-Plata-054.jpg
Cordon-del-Plata-073.jpgQuand j'arrive au camp, le mal d'altitude me rattrappe : un petit mal de crâne qui se soigne bien avec une demi-heure de sieste. Comme prévu, Ju et Nad sont déjà descendus au camp de basse altitude. Je plis ma tente, me mets en route et l'orage de grêle commence tout de suite après. En descendant, je croise un Québécois fou qui compte bivouaquer (sans tente). J'arrive au camp et l'orage se calme pour que je puisse installer ma tente. En fait le temps s'éclaircit bien dans l'après-midi, et avec Ju on en profite pour aller valider le Cerro Adolfo Calle (4300m). En fait d'un sommet, il s'agit d'un tas de cailloux qui ferait passer le massif de l'Oisans pour du beau rocher : une vraie bouse ! On redescend à temps pour l'orage. En fait, ce coup-ci c'est une vraie tempête de grêle puis de pluie qui durera jusqu'au milieu de la nuit. On teste les limites de nos tentes, sans les dépacer (ouf !). On dîne à l'étroit dans la tente de Ju et Nad. Ça se calme dans la nuit (Nad qui n'arrive pas à dormir peut relater exactement toute la chronologie de l'orage) et on est gratifié d'un magnifique lever de soleil sur la pampa de Mendoza (plein Est depuis notre vallée).

Cordon-del-Plata-083.jpg
C'est notre dernier jour de trek et le temps reste stable toute la matinée. Ju et moi on en profite pour se valider un autre sommet beaucoup moins bouseux, le Cerro Loma Blanca et ses deux grands frères voisins, sur la même crête. Ce qui vaut le coup d'oeil, et surtout la vallée adjacente, toute rouge.

Cordon-del-Plata-108.jpg
Finalement l'orage éclate vraiment quand on arrive en vue du refuge où vient nous chercher le minibus de transfert.

Aconcagua-006.jpgDe retour dans la fournaise de Mendoza, on vérifie les prévisions météo. Aucune évolution prévue : trop chaud en bas, trop orageux en haut : Ju et Nad retournent au Chili le lendemain matin. Moi il me reste 2 jours avant de rentrer à Buenos Aires. Comme il est hors de question de rester à Mendoza, je vais faire un tour vers l'Aconcagua, que je n'ai toujours pas vu. Il faut quand même se taper 4 heures de bus, ce qui me tue plus que la matinée de mardi. Dans l'après-midi, je monte au Cristo Redentor, fièrement installé en plein vent à un col à 4000m entre l'Argentine et le Chili. Malheureusement, le ciel est bien bouché et la vue pas terrible. On voit pas l'Aconcagua, snif...
Je descends à Puente del Inca, un hameau touristique dont tout l'attrait tient dans un pont naturel à la couleur jaune surréaliste. Ce qui sauve la journée, c'est surtout l'auberge que je trouve, où je rencontre de sympatiques Porteños Aconcagua 031avec qui on s'envoit un très bon asado (ça devient banal ? Pourtant c'est bon l'asado !).

Les prévisions météo pour le lendemain matin sont exceptionnelles, et je me lève donc suffisamment tôt pour faire l'ouverture (à 8h) du Parque Provincial Aconcagua. Les permis de trekking sont horriblement chers, sauf pour aller jusqu'au mirador voir la face sud du fameux Aconcagua (6962 m), sommet des Andes, des Amériques, de l'hémisphère Sud, de l'hémisphère occidental... bon, vous avez compris, c'est le plus haut sommet du monde en dehors du massif Himalayen ! Effectivement ça vaut le coup d'oeil, surtout qu'à cette heure matinale j'ai le parc pour moi tout seul. Ça donne envie de monter au sommet ! A voir pour un prochain voyage...

Aconcagua-018.jpg
Cordon-del-Plata-095.jpgAprès ça, il est temps de me débarrasser de mon pantalon de rando qui ne vaut vraiment plus rien, puis de se taper 4h de bus pour retrouver la fournaise de Mendoza. Ce soir, bus de nuit pour retourner à Buenos Aires.

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Commentaires

Salut, Jorge!
Commentaire n°1 posté par Delphine le 28/01/2010 à 00h33
Heureusement qu'il y a un sous-pantalon en dessous...
Commentaire n°2 posté par Delphine le 28/01/2010 à 09h23
Ouf! la meilleure tente du monde a tenu..quoique..tout juste. Et qui pourra nous donner le nom de ce charmant passereau peu farouche, un rouge gorge local ?
Commentaire n°3 posté par beutier le 28/01/2010 à 09h50
Ayant horreur de l'anonymat je précise, ayant omis de le signer, que j'ai commis le commentaire n° 3.
Michel
Commentaire n°4 posté par beutier le 28/01/2010 à 16h19
Une grosse bise a Ju !!!
Et a toi !

Dorothee
Commentaire n°5 posté par Dorothee le 28/01/2010 à 17h31
Superbe, cette vallée où s'est répandue la nappe de crème rouge ; très classe aussi de terminer ce reportage par la vue de l'Aconcagua !...Ah mais non, c'est sur la vue du pantalon qu'on termine, encore plus classe !
Commentaire n°6 posté par DIDIER le 29/01/2010 à 00h30
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