Vendredi 15 janvier 2010
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12:00
(Je profite de la civilisation pour rattrapper mon retard et publier 2 articles d'1 seul coup ! Lisez "Terre de couleur et de tradition" d'abord !)
La version 2005 du Lonely Planet mentionne à peine Iruya, un petit village de montagne où l'on peut "faire d'excellentes randonnées". Ce n'est qu'à 3h de route de Humahuaca, alors pourquoi pas. Une bonne occasion de se défouler un peu et de quitter la horde de backpackers porteños. Sauf que tous les backpackers en questions parlent d'aller à Iruya. Et effectivement, il y a une dizaine de bus par jour pleins de backpackers qui se rendent à Iruya. Soit, allons-y quand même, on verra bien.
Départ mardi soir de Humahuaca avec Anneleen ; Nadia et Fatima préfèrent
passer la soirée à Humahuaca. Le bus ressemble comme deux gouttes d'eau à un bus départemental péruvien, avec les bagages sur le toit et le capot arrière ouvert pour permettre un meilleur
refroidissement du moteur. On sait pas trop si le bus va démarrer. On part à l'heure péruvienne, c'est-à-dire avec une heure de retard. Dès que l'on aborde la route, je comprends le choix du bus :
on dirait une départementale péruvienne ! C'est une route en terre, défoncée, étroite, sinueuse et vertigineuse (passage de col à plus de 4000 m). Les croisements sont assez sportifs. Le
chauffeur a au-dessus de sa tête une chaîne qui permet d'actionner le klaxon, au son de sirène de paquepot : très utile dans les épingles à cheveux ! En plus on monte dans la nuit, le brouillard et
l'orage (j'en rajoute même pas). L'ambiance dans le bus est glaciale, y a pas un bruit. On sent bien qu'on va au fin fond de l'Argentine (ou du Pérou), mais on y va nombreux. On arrive sains et
saufs à Iruya vers 22h, sous une pluie battante. On est bien motivé pour trouver une auberge au plus vite, et ça tombe bien car on est attendu à l'arrivée du bus par des gens qui nous proposent un
logement. On accepte tout de suite sans discuter le prix. On est nombreux et entassés dans l'auberge, c'est convivial, on peut profiter dans son lit des bavardages des couche-tard sans perte
sonore.
Au cours de la soirée, j'apprends que la ballade classique consiste à aller au hameau de San Isidro, perdu dans la montagne, à y passer la nuit et à revenir le lendemain. Vu qu'il ne faut que 2h30 de marche pour y aller et que je vais me tourner les pouces à San Isidro si j'y reste la nuit, je me dis que je vais me lever tôt, faire l'aller-retour vite fait et rentrer à temps pour le bus de 15h. Pas moyen d'avoir des infos sur d'autres ballades. Je pars donc seul vers 8h, avec juste un poncho, une bouteille de coca et un mars. Tout le monde, y compris Anneleen, dort encore (les Porteños sont des couche-tard et des lève-tard).

A cette heure là, y a pas grand monde sur le chemin, à part quelques paysans locaux qui descendent au village. A peine sorti du village, je rencontre Fleck le chien (le grand) puis Fleckfleck le chienchien (le petit) qui tous les deux décident de m'accompagner. Ils arrêtent pas de se chamailler. Plus loin, je rattrappe un paysan qui a une bonne tête à s'appeler Pablo. Je fais un bout de chemin en discutant avec Pablo. Il me montre par où passer, ce qui est bien utile car il faut traverser le rio par deux fois, et ça passe pas n'importe où. On se sépare plus loin, lui continuant dans la vallée et moi prenant par les plateaux. Plus loin, je croise des gens qui redescendent de San Isidro. Voyant les deux chiens se chamailler, ils me propose de ramener Fleckfleck (le petit). Je ne me fais pas prier. Je continue donc mon chemin avec le fidèle Fleck (le grand), et j'arrive à San Isidro. C'est mignon tout plein ce petit village perché en haut d'une falaise avec sa petite église au toit tout bleu ! Faisons vivre l'économie locale et prenons un petit-déjeuner. San Isidro s'est bien adapté au tourisme et de nombreux habitants proposent nourriture et hébergement.
Bon ben il est 11h, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je demande aux gens. Un
gars me dit qu'il y a un hameau, San Juan, que l'on peut atteindre en 2h30 ou 3h30 selon le chemin, et qu'après on peut rentrer directement à Iruya en 2h30. Ça m'a l'air bien, ça tient dans la
journée. Je pars donc à San Juan, sans Fleck le chien qui s'est égaré dans San Isidro. Je choisis le chemin de 2h30, plus rapide donc, mais plus difficile à trouver. Après 2 heures d'exploration de
la vallée, je rentre bredouille. Je prends donc le chemin de 3h30. Il est 13h et il y a encore 6h de marche au planning, faut pas trainer, surtout que je compte caser un déjeuner à San Juan.
Le chemin monte en face de San Isidro, et bientôt je suis assez haut pour voir les
condors d'au-dessus et de très près
. Je gâche ma chance de prendre une bonne photo. Pas grave, plus loin je dérange 3
rapaces (non-identifiés) qui me font un joli spectacle. Eux je les rate pas. Le chemin est globalement très joli et très peu visible. Je m'égare pas mal. C'est pas très bon pour le chrono. Ça
traverse des canyons, c'est beau mais un peu laborieux car à chaque fois il faut descendre dans le canyon et remonter de l'autre côté.
J'arrive à un petit col où je dépace un jeune couple de hippies (Sergio et Renata) qui se baladent en sandales avec une gamine de 14 mois sur le dos. Eux aussi vont à San Juan. Il est temps de faire une pause Mars, et vivement le déjeuner à San Juan ! De l'autre côté du col, c'est une vallée magique : il y a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : du rouge, du bleu du vert, du jaune, du violet... Un vrai régal pour les yeux. Le chemin, vertigineusement taillé à flan de falaise, s'ajoute à l'ambiance du spectacle.

Le chemin redecend dans la vallée, et je m'égare pas mal en cherchant San Juan. Je finis par rencontrer un paysan qui m'indique comment y aller, et je comprends pourquoi j'ai pas trouvé. Sergio et Renata me rattrappe et je peux fièrement leur montrer le chemin. L'orage éclate vers 16h30, alors que nous arrivons à San Juan, un hameau de montagne avec une dizaine de maisons, la plupart très rustiques. Ça a l'air tout mort, ce hameau, mais on finit par trouver une jeune femme qui nous propose l'hébergement. Elle vit seule avec ses 6 gamins (et elle a pas l'air vieille... même au Pérou ils sont meilleurs pour la contraception !).
Mon plan c'était plutôt d'avaler
quelque chose et de repartir à Iruya, mais elle me dit que c'est trop loin et que je n'y arriverai pas avant la nuit : eux les indiens ils mettent 4 heures, alors nous les gringos, c'est pas la
peine d'essayer. Avec l'orage, je me laisse facilement convaincre, surtout que je préfère passer la nuit dans un hameau rustique perdu dans la montagne que dans une auberge pleine de backpackers
bruyants. Le seul truc qui me stresse un peu, c'est que j'ai laissé mon sac-à-dos dans l'auberge à Iruja, sans surveillance. Je reste donc avec Sergio, Renata et leur gamine. Le dîner arrive (adieu
le déjeuner) et c'est rustique mais copieux. Je finis mon bouquin (trop content de l'avoir emmené) tant qu'il y a un peu de lumière, et on se couche avec le soleil. La gamine est très tranquille
pendant la nuit et ne me fait pas regréter l'auberge de backpackers argentins.
Le lendemain, je pars au petit matin dans un brouillard à couper au couteau. De manière complètement inespérée, je trouve le chemin sans problème et je ne me pers pas. Le brouillard se lève et découvre au fur et à mesure un paysage spectaculaire de roche rouge vif déchiquetée.

Je vais bon train et finalement j'atteins Iruya en 2h30 de marche,
comme quoi les Indiens n'ont aucune notion du temps (comme leurs cousins péruviens). A Iruya je rencontre par hasard Nadia et Fatima avec qui je reprends un petit-déjeuner, avant de prendre le bus
de retour. L'ambiance dans le bus est largement plus chaude qu'à l'aller : les backpackers argentins chantent accompagnés de guitares et de charangos. Mention spéciale à la chanson des Chevaliers
du Zodique version espagnole (pour les connaisseurs, il s'agit de l'air du générique japonais, et non pas du générique français de Bernard Minet, avec des paroles en Espagnol). Après deux étapes à
Humahuaca et San Salvador de Jujuy, j'arrive en soirée à Salta, capitale de l'autre province du NAO, d'où j'écris ces lignes.
La version 2005 du Lonely Planet mentionne à peine Iruya, un petit village de montagne où l'on peut "faire d'excellentes randonnées". Ce n'est qu'à 3h de route de Humahuaca, alors pourquoi pas. Une bonne occasion de se défouler un peu et de quitter la horde de backpackers porteños. Sauf que tous les backpackers en questions parlent d'aller à Iruya. Et effectivement, il y a une dizaine de bus par jour pleins de backpackers qui se rendent à Iruya. Soit, allons-y quand même, on verra bien.
Départ mardi soir de Humahuaca avec Anneleen ; Nadia et Fatima préfèrent
passer la soirée à Humahuaca. Le bus ressemble comme deux gouttes d'eau à un bus départemental péruvien, avec les bagages sur le toit et le capot arrière ouvert pour permettre un meilleur
refroidissement du moteur. On sait pas trop si le bus va démarrer. On part à l'heure péruvienne, c'est-à-dire avec une heure de retard. Dès que l'on aborde la route, je comprends le choix du bus :
on dirait une départementale péruvienne ! C'est une route en terre, défoncée, étroite, sinueuse et vertigineuse (passage de col à plus de 4000 m). Les croisements sont assez sportifs. Le
chauffeur a au-dessus de sa tête une chaîne qui permet d'actionner le klaxon, au son de sirène de paquepot : très utile dans les épingles à cheveux ! En plus on monte dans la nuit, le brouillard et
l'orage (j'en rajoute même pas). L'ambiance dans le bus est glaciale, y a pas un bruit. On sent bien qu'on va au fin fond de l'Argentine (ou du Pérou), mais on y va nombreux. On arrive sains et
saufs à Iruya vers 22h, sous une pluie battante. On est bien motivé pour trouver une auberge au plus vite, et ça tombe bien car on est attendu à l'arrivée du bus par des gens qui nous proposent un
logement. On accepte tout de suite sans discuter le prix. On est nombreux et entassés dans l'auberge, c'est convivial, on peut profiter dans son lit des bavardages des couche-tard sans perte
sonore.Au cours de la soirée, j'apprends que la ballade classique consiste à aller au hameau de San Isidro, perdu dans la montagne, à y passer la nuit et à revenir le lendemain. Vu qu'il ne faut que 2h30 de marche pour y aller et que je vais me tourner les pouces à San Isidro si j'y reste la nuit, je me dis que je vais me lever tôt, faire l'aller-retour vite fait et rentrer à temps pour le bus de 15h. Pas moyen d'avoir des infos sur d'autres ballades. Je pars donc seul vers 8h, avec juste un poncho, une bouteille de coca et un mars. Tout le monde, y compris Anneleen, dort encore (les Porteños sont des couche-tard et des lève-tard).

A cette heure là, y a pas grand monde sur le chemin, à part quelques paysans locaux qui descendent au village. A peine sorti du village, je rencontre Fleck le chien (le grand) puis Fleckfleck le chienchien (le petit) qui tous les deux décident de m'accompagner. Ils arrêtent pas de se chamailler. Plus loin, je rattrappe un paysan qui a une bonne tête à s'appeler Pablo. Je fais un bout de chemin en discutant avec Pablo. Il me montre par où passer, ce qui est bien utile car il faut traverser le rio par deux fois, et ça passe pas n'importe où. On se sépare plus loin, lui continuant dans la vallée et moi prenant par les plateaux. Plus loin, je croise des gens qui redescendent de San Isidro. Voyant les deux chiens se chamailler, ils me propose de ramener Fleckfleck (le petit). Je ne me fais pas prier. Je continue donc mon chemin avec le fidèle Fleck (le grand), et j'arrive à San Isidro. C'est mignon tout plein ce petit village perché en haut d'une falaise avec sa petite église au toit tout bleu ! Faisons vivre l'économie locale et prenons un petit-déjeuner. San Isidro s'est bien adapté au tourisme et de nombreux habitants proposent nourriture et hébergement.
Bon ben il est 11h, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je demande aux gens. Un
gars me dit qu'il y a un hameau, San Juan, que l'on peut atteindre en 2h30 ou 3h30 selon le chemin, et qu'après on peut rentrer directement à Iruya en 2h30. Ça m'a l'air bien, ça tient dans la
journée. Je pars donc à San Juan, sans Fleck le chien qui s'est égaré dans San Isidro. Je choisis le chemin de 2h30, plus rapide donc, mais plus difficile à trouver. Après 2 heures d'exploration de
la vallée, je rentre bredouille. Je prends donc le chemin de 3h30. Il est 13h et il y a encore 6h de marche au planning, faut pas trainer, surtout que je compte caser un déjeuner à San Juan.
Le chemin monte en face de San Isidro, et bientôt je suis assez haut pour voir les
condors d'au-dessus et de très près 
J'arrive à un petit col où je dépace un jeune couple de hippies (Sergio et Renata) qui se baladent en sandales avec une gamine de 14 mois sur le dos. Eux aussi vont à San Juan. Il est temps de faire une pause Mars, et vivement le déjeuner à San Juan ! De l'autre côté du col, c'est une vallée magique : il y a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : du rouge, du bleu du vert, du jaune, du violet... Un vrai régal pour les yeux. Le chemin, vertigineusement taillé à flan de falaise, s'ajoute à l'ambiance du spectacle.

Le chemin redecend dans la vallée, et je m'égare pas mal en cherchant San Juan. Je finis par rencontrer un paysan qui m'indique comment y aller, et je comprends pourquoi j'ai pas trouvé. Sergio et Renata me rattrappe et je peux fièrement leur montrer le chemin. L'orage éclate vers 16h30, alors que nous arrivons à San Juan, un hameau de montagne avec une dizaine de maisons, la plupart très rustiques. Ça a l'air tout mort, ce hameau, mais on finit par trouver une jeune femme qui nous propose l'hébergement. Elle vit seule avec ses 6 gamins (et elle a pas l'air vieille... même au Pérou ils sont meilleurs pour la contraception !).
Mon plan c'était plutôt d'avaler
quelque chose et de repartir à Iruya, mais elle me dit que c'est trop loin et que je n'y arriverai pas avant la nuit : eux les indiens ils mettent 4 heures, alors nous les gringos, c'est pas la
peine d'essayer. Avec l'orage, je me laisse facilement convaincre, surtout que je préfère passer la nuit dans un hameau rustique perdu dans la montagne que dans une auberge pleine de backpackers
bruyants. Le seul truc qui me stresse un peu, c'est que j'ai laissé mon sac-à-dos dans l'auberge à Iruja, sans surveillance. Je reste donc avec Sergio, Renata et leur gamine. Le dîner arrive (adieu
le déjeuner) et c'est rustique mais copieux. Je finis mon bouquin (trop content de l'avoir emmené) tant qu'il y a un peu de lumière, et on se couche avec le soleil. La gamine est très tranquille
pendant la nuit et ne me fait pas regréter l'auberge de backpackers argentins.Le lendemain, je pars au petit matin dans un brouillard à couper au couteau. De manière complètement inespérée, je trouve le chemin sans problème et je ne me pers pas. Le brouillard se lève et découvre au fur et à mesure un paysage spectaculaire de roche rouge vif déchiquetée.

Je vais bon train et finalement j'atteins Iruya en 2h30 de marche,
comme quoi les Indiens n'ont aucune notion du temps (comme leurs cousins péruviens). A Iruya je rencontre par hasard Nadia et Fatima avec qui je reprends un petit-déjeuner, avant de prendre le bus
de retour. L'ambiance dans le bus est largement plus chaude qu'à l'aller : les backpackers argentins chantent accompagnés de guitares et de charangos. Mention spéciale à la chanson des Chevaliers
du Zodique version espagnole (pour les connaisseurs, il s'agit de l'air du générique japonais, et non pas du générique français de Bernard Minet, avec des paroles en Espagnol). Après deux étapes à
Humahuaca et San Salvador de Jujuy, j'arrive en soirée à Salta, capitale de l'autre province du NAO, d'où j'écris ces lignes.
San Salvador de Jujuy ne présentant pas d'intérêt pour le
tourisme, je repars une fois accomplie ma collecte d'infos à l'office de tourisme régional. Je reprends un bus vers la Quebrada de Humahuaca, célèbre entre autres pour ces formations
rocheuses colorées. J'arrive en fin d'après-midi à Purmamarca, un petit village connu pour son Cerro de 7 colores (Mont aux 7 couleurs). Effectivement le fameux Cerro présentent un large
panel de couleurs, peut-être bien 7, et c'est très joli. C'est tellement joli que je retourne au mirador au lever du soleil, puis à un autre mirador le matin suivant. Le premier matin, je calcule
mal mon coup et j'arrive bien avant le lever du jour : et oui, ici on est très près du Tropique du Capricorne ! Les journées sont beaucoup moins longues qu'en Patagonie ! Il n'y a pas que le
Cerro de 7 colores qui est joli dans le coin. En fait, toutes les montagnes sont colorées. Un petit circuit autour du Cerro de 7 colores permet d'admirer d'autres belles montagnes du coin.
C'est particulièrement joli quand la fin d'après-midi exalte tous les tons rouges. D'ailleurs c'est tellement joli que j'y retourne le lendemain soir.
Grâce aux backpackers, Purmamarca décuple sa population pendant
les deux mois d'été. Mais comme le tourisme s'est développé très rapidement, les infrastructures ne sont pas à la hauteur, si bien que toutes les maisons se transforment en terrain de camping
improvisé. Je me trouve une pièce dans une annexe de maison. On se retrouve entassés à 6 dans la pièce, les matellas installés directement sur le sol en béton. Il y a une minuscule salle de bain,
mais elle est ouverte à tous les campeurs d'à-côté qui traversent la pièce pour venir prendre leur douche. Dans cette ambiance 70s, je rencontre le premier soir Juan, un jeune argentin qui n'a pas
pu partir au Brésil avec ses potes car son boss a changé ses dates de vacances au dernier moment. Il est donc parti tout seul dans le NAO. On sympatise et on conclue l'affaire en s'envoyant une
parillada sur le barbecue du camping. Le lendemain soir, je dîne avec les 5 gars de ma chambres, une bande de joyeux larons que je vais recroiser souvent le long de la Quebrada.
Je rencontre aussi deux soeurs, Nadia et Fatima, avec qui je vais faire un bout de chemin pendant quelques jours.
J'ai donc vu tout ce qui vaut la peine d'être vu en 24 heures,
mais je décide de rester 24 heures de plus à Purmamarca. Pourquoi ? Et bien parce que Purmamarca organise en ce samedi 9 janvier son traditionnel festival de coplas. Tous les indiens du
coin descendent au village pour participer à ce festival, une bonne occasion de se réunir, boire et danser ensemble. Les coplas sont des chants scandés que les indiens chantaient à
l'origine pur protester contre leur asservissement par la dictature militaire. Je trouve pas ça très mélodique, mais les indiens s'en donnent à coeur joie. Quelques touristes porteños
s'incrustent et participent aux chants. Le soir venu, quand tout le monde est bien bourré, on va danser dans une peña. Mais nous les jeunes nous restons (presque) sobres et on se fait une
soirée guitare au camping.
Le lendemain matin, je retourne voir le lever du soleil sur le
Cerro de 7 colores avec Nadia et Fatima. C'est toujours aussi beau. Le soleil est à peine levé qu'un indien et sa fille débarquent au mirador pour se faire filmer par un copain en train de
chanter et jouer des chants traditionnels. Nous avons donc droit à un récital privé, sur fond de lever de soleil sur Pucamarca. Inoubliable !

Mardi nous quittons Tilcara et poursuivons notre route dans la
Quebrada de Humahuaca, jusqu'à Humahuaca, le gros bourg du coin. Nous y retrouvons Anneleen, une belge flamande que nous avons rencontré dans un resto de Tilcara. Humahuaca est mignon tout
plein avec sa belle place coloniale, ses rues pavées et ses bâtiments blancs. Il y a aussi un impressionnant monument en l'honneur de l'indigenismo. Mais il n'y a rien à y faire, à part
faire du shopping d'artisanat indien et passer la soirée dans une peña. C'est ici que je décide d'accéler la cadence et de me rendre le soir même à Iruya...
Cordoba est parait-il la plus belle ville coloniale d'Argentine, et je veux
bien le croire. Le centre est effectivement très joli, d'autant plus que les principaux batiments viennent d'etre nettoyés et repeints en blanc et rose, et que l'éclairage nocturne est digne d'un
pays développé (ce qui n'est pas toujours le cas au Pérou et en Equateur). Cordoba et sa region ont été bien colonisées par les Jésuites, qui ont construits plusieurs estancias. Cinq
d'entre elles (dont le quartier jesuite de Cordoba) sont classées au patrimoine mondial de l'humanité. Cordoba est aussi une des plus vieilles villes d'Argentine (bien plus vieille que Buenos Aires
par exemple) et tout est "le plus vieux machin d'Argentine et le 3ème plus vieux machin d'Amerique Latine", comme par exemple la plus vieille église, la plus vieille université, etc...
En descendant du bus tot mardi matin, je constate qu'il fait déjà beau et
chaud. Je me trouve vite fait une auberge recommendée Lonely Planet, pleine de gens sympas, et je pars visiter la ville. Il faut vite se rendre à l'évidence : c'est beau, mais il fait chaud. Très
chaud. Au moins aussi chaud qu'à Buenos Aires, l'humidité et les moustiques en moins, et ca devient vite intenable. J'épuise tous mes stratagèmes pour lutter contre la chaleur : visite de crypte,
douche froide, glace, pastèque, pastis (ah non, ça j'ai pas trouvé). Mon efficacité tombe rapidement à zero et la journée est perdue. J'hésite à repartir le soir meme. Mais non, soyons brave. À
l'auberge, je rencontre pleins de gens sympas, des voyageurs sans date de retour pour la plupart. Ils sont arrivés à Cordoba et sont tombés amoureux de la ville et de l'auberge, alors ils restent
bien plus longtemps que prévu. C'est très international comme ambiance. Il y a par exemple un suisse allemand à qui je parle systematiquement en Français sans faire expres, tellement il a une tete
de Français, et Sasha, un mec avec une bonne tete d'Anglais qui me surprend en me disant qu'il est Hollandais. Il y a aussi un vrai Anglais qui s'appelle Lee et qui joue de la guitare en duo avec
un des responsables de l'auberge. Là dessus on rajoute une Hollandaise, une Brésilienne, une Americaine et un Israelien (pas en groupe pour une fois), et ca fait un petit groupe sympa. Un
asado s'organise pour la soirée, c'est cool. Finalement, une bonne douche tropicale vient rafraichir l'atmosphère et je peux dormir tranquillement.
Le lendemain matin, je me lève pas tot, avec un léger mal de crane. Je pars
visiter Alta Gracia, une petite bourgade installée autour d'une estancia jésuite (patrimoine mondial de l'humanité). Effectivement c'est très joli. J'apprécie surtout le calme, très agréable quand
on vient de l'effervescente Cordoba et qu'on est pas tout frais de la veille. Le plus dur est de se cacher du soleil, car ça fait mal aux bras et aux jambes. Retour à Cordoba en fin d'après-midi.
Le soir, je prends le bus de nuit en direction de San Salvador de Jujuy, dans le Nord-Ouest de l'Argentine. Encore un bon morceau de bus !
Les balades en ville dans ces conditions, c'est suffisamment désagréable
pour qu'on ait envie de se réfugier dans les musées. Oui mais pas de bol, ici l'activité est sérieusement ralentie aux alentours du nouvel an : les musées sont fermés le 31 et le 1er. On arrive
finalement à visiter le musée des beaux arts le samedi 2, mais c'est tout. Quant aux magasins, c'est pas vraiment mieux : fermés le 31 après-midi, le 1er et le 3 (dimanche), et fermeture assez tôt
le samedi 2. ALORS VOUS ATTENDEZ PAS A CE QU'ON VOUS RAMENE DES CADEAUX !!! C'EST PAS DE NOTRE FAUTE, C'EST LA FAUTE DE CES FLEMMARDS D'ARGENTINS QUI TRAVAILLENT SUREMENT PAS 35 HEURES !!! Mais
comme on est sympa et teigneux, on réussit quand même à rassembler une belle collection de calebasses à maté. On visite aussi le quartier du cuir et, pensant malgré la canicule de Buenos Aires au
dur retour dans le froid français, on s'achète des vestes en cuir.
Collection hiver 2010
On se rattrappe sur les soirées, pendant lesquelles
le t-shirt devient supportable. Dès mercredi soir, on retrouve nos copains allemands (Angela und Heinrich) rencontrés à Puerto Madryn, et on va se faire une bonne parillada à volonté.
Comprenez par là que le concept c'est de manger autant de viande que vous voulez (pouvez ?). Il y en a pour tous les goûts, du moment que c'est une grillade. C'est délicieux, et on en profite
suffisamment pour avoir besoin de 12 heures de digestion. Soirée très sympa, bien arrosée. Le lendemain, c'est le réveillon du nouvel an. On s'organise un pique-nique nocturne dans un petit parc,
avec Angela, Heinrich, et les Français (Ben, Magali et Marie) qu'on avaient rencontrés à Puerto Madryn, qui ont ramené d'autres copains. Ça forme un petit groupe très sympa. On mange bien, on
picole bien, et à minuit les feux d'artifice sont tirés de toutes parts : pas de feu d'artifice municipal, ou alors on l'a raté, mais des dizaines de feux d'artifices particuliers. Et ils sont loin
d'être ridicules. Près de nous, il y a des gamins qui participent à la fête en se jetant des pétards à la figure et en faisant partir des fusées vers le ciel ou vers la foule. On finit par dancer
sur la petite place à côté du parc, au son de la musique installée par un des bars du coin. Encore une bien belle soirée !
Toute bonne chose ayant une fin, après 4 jours de lutte acharnée contre les
moustiques, Delphine s'apprête à prendre son avion de retour dimanche matin. Petit coup d'oeil sur internet à l'hotel pour vérifier l'horaire du vol... Coup de théâtre, le vol a été reporté au
lendemain ! Il faut donc lutter une journée de plus contre ces satanées bestioles. Bon, on profite de cette journée supplémentaire pour se balader dans San Telmo, un quartier très sympa avec un
marché dominical et plein de petits bars bien comme il faut, et pour prendre enfin ce cours de tango dont on avait envie ! Verdict : le tango c'est dur mais c'est bon !
Nous aussi on a bien besoin d'un vrai été, à force de lire les nouvelles de gel et
de tempêtes de neige en Europe 
Nous arrivons à Trelew en fin de matinée le jour de Noël, et nous
fonçons tout de suite à Gaiman, une petite bourgade Galloise (oui, vous avez bien lu !). Grosse activité à Gaiman en ce 25 décembre à midi : tout est fermé, y a pas un chat dans la rue, et il fait
une chaleur d'enfer. C'est le début de la spirale infernale. On traine pas, on retourne tout de suite à Trelew, on hésite à y rester ou à aller à Rawson, et finalement on file à Puerto Madryn, une
ville touristique de la côte Atlantique, à proximité de la Peninsula Valdes. Il fait tout aussi chaud, mais au moins il y a mer, alors on a bien mérité une petite glace ? Bon, c'est pas tout ça,
mais maintenant faudrait trouver le camping. C'est à la périphérie de la ville, faut marcher un peu le long du front de mer. Le camping municipal se révèle être affilié à l'Automobil Club
Argentino, et effectivement les Porteños (les habitants de Buenos Aires) sont venus en masse et en famille et en voiture pour fêter l'été à grands coups de barbecue. Ça fait pas vraiment rêver. On
se casse. Il paraît qu'il y a un autre camping... qu'on ne trouvera jamais. On est au fond de la spirale infernale quand 3 gentils routards français nous proposent de nous emmener en voiture. On ne
trouve pas plus l'autre camping, mais au moins on va se ballader dans les dunes avec eux, c'est sympa. La spirale infernale s'inverse et se transforme en spirale gagnante. De retour en ville, on se
pose dans une auberge un peu au hasard. La spirale de la chance vient de transformer le camping
municipal de beaufs en sympathique auberge de jeunesse pleine de gens super ! En resortant dans la rue, on recroise les 3 Français, qui eux démarrent leur spirale infernale : ils
ne peuvent plus tirer d'argent au distributeur. Cette fois c'est nous les sauveurs, on leur prête de l'argent pour payer leur auberge, et on les reverra à Buenos Aires.
L'après-midi, pendant que le reste du groupe se paie le supplément bateau qui
permet d'aller traquer les baleines (sans aucune chance de réussite), on profite de la plage de sable fin de Puerto Piramides. Pique-nique, baignade, yoga, détente... On finit la journée
autour d'un bon barbecue en compagnie d'autres voyageurs de l'auberge.
Lundi 27, on remet le couvert pour une excursion touristique. Cette
fois, on est en petit comité : juste 2 autres touristes Français (Maud et Frank) avec Delphine et moi, plus le guide-chauffeur. On va à Punta Tumbo, où vit une colonie de pingouins de Magellan. Les
petits sont nés il y a un peu plus d'un mois, de sorte que la colonie compte environ 900000 pingouins ! On vit un moment exceptionnel, dans un cadre magnifique, entourés de pingouins aussi curieux
que Delphine et aussi débiles que moi.
On rentre au port et on se calme.
Le guide nous emmène ensuite à Gaiman où il nous laisse comme convenu et rentre seul à
Puerto Madryn. Comme tous les touristes qui viennent jusqu'ici, on va prendre le thé dans une casa de té au nom typiquement gallois (Ty Gwyn), en compagnie de Maud et Franck. Le
thé est fortement britannique et accompagné de nombreux gateaux et tartes prétendument gallois. On passe la nuit à Gaiman dans un B&B au petit-déjeuner pantagruelique et délicieux. Le lendemain
matin (celui du fameux petit-dej), on finit de visiter Gaiman, une petite ville issue de l'immigration galloise et qui reste relativement morte y compris après Noël. Il y a quand même un artiste un
peu barjo qui a fait un parc remplis d'oeuvres d'art réalisées en recyclant tous les déchets qui lui tombaient sous la main. Le résultat est assez incroyable. Pour la petite histoire, l'artiste
s'est éteint à 91 ans le jour de Noël (le jour de notre premier passage à Gaiman).