C'est plein de boutiques de souvenirs qui vendent de vrai faux objets artisanaux cousus à la
main par les descendants des Incas (probablement des petits chinois en fait).Il y a un obélisque et une ligne rouge qui divise le monde en 2 hémisphères, on ne peut s'empêcher quelques pitreries.
A gauche : un pied dans chaque hémisphère !
Le sac birman reste au sud.
Il y a aussi un petit planétarium, pas vraiment intéressant pour un scientifique, mais qui a le mérite de me rappeler, petite larme à l'oeil, quand mon papa m'emmenait au planetarium du musée de la découverte. J'étais pas retourné dans un planétarium depuis.
Il y a aussi un pavilon qui contient une belle collection d'insectes, ce qui ne me retient que le temps de prendre une photo pour papa :
Finalement, un pavillon espagnol inintéressant et un pavillon français qui se révèle être le clou du spectacle (cocorico !). Il retrace l'histoire de la première expédition française en équateur.
Vers le milieu du XVIIIème siècle, les théories sur la forme de la terre vont bon train. Elle est ronde, ok, mais est-elle aplatie ou allongée aux poles ? La recherche française, qui ne perd pas une occasion d'être à la pointe de tout, envoie donc une mission à l'équateur et une mission au pole nord pour mesurer la courbure du méridien. Ca se fait bien par triangulation, avec suffisamment de points. Le choix du méridien qui coupe l'équateur, c'est simplement que la région de Quito est la seule sur l'équateur à être pleine de sommets (des volcans en l'occurence). Ca facilite la triangulation (ils ont pas dû s'amuser, ceux qui sont allés au pôle nord). Au passage, ils decouvrent et mesurent le volcan Chimborazo, qui devient alors le plus haut sommet connu des Européens (jusqu´à l'exploration de l'Himalaya), et ils effectuent la première descente de l'Amazone jusqu'à l'Atlantique (ça n'avait rien à voir avec la mission, mais c'est encore un chercheur français qui s'est fait plaisir sur les notes de frais). Finalement la Terre est définitivement déclarée aplatie au pôles, ce qui conforte la théorie de Newton.
Une deuxième mission, au tout début du XXème siècle, raffine la mesure et le site touristique sera construit plus tard là où cette deuxième mission marqua la position de l'équateur.
Seulement voilà, les Américains, qui ont toujours aimer surclasser les Français (comme en
atlétisme et en natation par exemple), ont inventé le GPS. Et prétendent que la ligne équatoriale passe 500 mètres plus au nord que le site touristique, pile poil là où se situe déjà un charmant
peit musée sur les cultures indigènes.Allez hop, on passe une deuxième ligne équatoriale (à gauche).
Je me rend donc à ce petit musée, qui a depuis étendu son registre pour y inclure des expériences de physique étonnantes liées à la position équatoriale.
Par exemple, il serait plus facile de faire tenir un oeuf en équilibre sur un clou sur la ligne équatoriale qu'ailleurs. Je me suis bien galéré à faire tenir l'oeuf en équilibre, mais quelle satisfaction ! Sauf qu'ils ont pas prévu une expérience témoin à l'écart de la ligne.
Il y a ausi une experience marrante d'un évier qui se vide de son eau en faisant un tourbillon dont le sens dépend de l'hémisphère, et sans tourbillon quand l'évier est sur l'équateur. Ça se joue au mètre prêt, et ça marche (avec le même évier qu'on déplace d'un hémisphère à un autre). Je sais pas pourquoi ça marche, mais en tout cas surement pas à cause de la force de Coriolis, qui est l'explication donnée par la guide. En tout cas on rigole bien.
La partie sur les cultures indigènes est vachement plus convaincante.
J'ai pas eu le temps de vous raconter ma vie à Quito, tant pis pour vous. Je m'en vais demain pour de nouvelles aventures dans les "highlands" indiens.
¡ Hasta luego !
Samedi matin, je me balade dans Lima. Finalement je trouve le centre-ville vraiment
chouette avec tous ces bâtiments de l'époque coloniale et l'ambiance décontractée. C'est ni trop touristique, ni réservé à une élite, on trouve de tout et tout semble un peu anarchique (comme la
circulation par exemple).
7h du mat, on roule peinards au milieu du désert, on a que 14 heures de bus dans les
pattes et seulement 2 films au compteur. On est encore un peu dans le colletard tellement on a bien dormi. Et c'est à ce moment que... Et oui, Jean-Michel !!! Et c'est la panne !!! La
panne en plein désert, à des heures de route de la civilization !!! Le mécano se met au travail et on comprend vite que le bus ne repartira pas. Notez que les bus péruviens ont toujours un mécano
dans le staff de bord.
Et puis comme on a rien d'autre à faire qu´attendre le bus de remplacement, on fait un concours de lancer
de pierre sur la bouteille de rhum préalablement vidée. Vous inquiétez pas pour la nature, le bord de route est déjà un gigantesque cimetierre de bouteilles. Ensuite, on fait un truc inutile, on
pousse le bus sur 1 km pour le mettre à l'écart de la route sur un bas côté suffisamment large. Les gars en train de pousser comme des abrutis, les nanas tranquilement
assises dans le bus... mais où sont passées les féministes ??? Bon ben au moins on signe dans la crasse du bus.
Mes potes colombiens font l'animation avec leurs
instruments ramenés de Bolivie (un Charango et une flûte andine, comme Johnjohn). Les paysages sont variés et magnifiques : on passe du désert à la végétation tropicale, puis aux montagnes
arrides, et enfin à la côte pacifique (tendence tropicale). Le passage de frontière se fait sans encombre. On se fait un poulet au riz dans un resto pour le dîner. On finira par arriver à
Guayaquil à 2h du matin, soit 34h après avoir quitté Lima. C'est mort pour le cours d'epagnol à 8h30 à Quito.
Merci TAM pour l'inspiration, et pour les super films à bord (j'ai pu
enfin voir X-men origins et Anges et Demons... aucun des deux ne restera dans les mémoires).
Quelques ronflements plus tard, la couverture nuageuse disparaît,
alors qu'on survole la Cordillera Real (Bolivie), le Lac Titicaca et que l'on devine au loin des features familiers (le volcan El Misti, le cañon de Colca...). Faut fêter ça, il est 9h30 au Pérou
et je fais péter mon premier apéro péruvien !
Bon j'ai faim ! Je reconnais le quartier, c'est celui des coiffeurs et des repas prolo à 2
Soles (1/2€ !!!). Mon instint ne me trompe pas, je saute l'étape coiffeur et je retrouve en moins de deux le boui-boui où on s'étaient échoués avec Johnjohn il y a 5 ans. Inflation oblige, le
repas de base est maintenant à 2.5 Soles, et en plus je prends l'option gourmet (3 Soles). Pour ce prix là, c'est soupe de la maison, riz au poulet, et chicha (la boisson locale à base de
maïs). Le vieux assis sur le banc juste à côté de moi me fait les louanges de Platini et m'explique que l'Equipe de France, c'est plus ce que c'était parce qu'il y a plein de négros. J'ai du mal
à argumenter, il est temps que je mette sérieusement à l'espagnol. On finit par s'échanger nos adresses en promettant de s'envoyer des cartes postales. J'aprécie bien cet endroit au
goût de PMU avec l'alcool en moins.
En rentrant a casa, c'est sans forcer mon talent que je me fais accoster par mon
premier gay du séjour. Mon courtisant m'explique que Lima est plein d´homos (des hommes seulement, il sait pas pourquoi), et mes boucles d'oreille l'ont induit en erreur. N'empêche qu'il lâche
pas l'affaire !!! Pas de bol, il parle bien Anglais (très rare ici), je peux même pas jouer au touriste qui comprend rien. On va se boire un coca dans un bar glauque, on s'echange nos
e-mails, j'esquive maladroitement quelques incursions douteuses entre deux conversations pas inintéressantes, et je finis par me débarraser du gars en finissant le coca à toute vitesse.