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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 18:00
Le soleil se lève une fois de plus sur la pampa, et j'arrive à Buenos Aires jeudi midi. Mis à part quelques visites d'aéroports, c'est mon dernier jour en Amérique du Sud (pour ce voyage) : il faut que je valide à mort !!! Il fait toujours chaud, mais moins qu'à Mendoza ; c'est presque supportable. Je pose mon sac dans une auberge du centre, et c'est parti !

P1020225.JPGBon, d'abord faut aller chercher des chaussures de tango à Ségolène (la soeur de Delphine). Je me rue au magasin. Y a ambiguité sur la pointure... Un mail à Delphine et je vais patienter dans une FNAC argentine (qui ne s'appelle pas FNAC). Je squatte l'unique poste d'écoute du magasin pendant 2 heures pour faire mon choix en rock nacional. Première validation de la journée : 4 CDs. Entre temps mon informateur m'a renseigné sur la pointure de Ségolène. Je retourne au magasin et je valide. Le bilan de la journée est déjà doublement positif et il est à peine 17h ! Je fête ça avec une glace.

Maintenant opération gants en cuir pour ma mère et ma soeur. Je me rends donc dans le quartier du cuir. Dans le premier magasin, je suis trop chaleureusement accueilli par un transsexuel qui n'a pas de gants en cuir à m'offir, mais pense pouvoir me consoler. Esquive rapide. Pas plus de succès dans les 40 autres magasins du quartier. Les vendeurs (moins transsexuels ou suffisamment bien faits pour que je m'en rende pas compte) sont dans la rue : il n'y a pas de lumière dans les magasins ; l'électricité du quartier a été coupée à cause de la surconsommation énergétique du pays due à la vague de chaleur. Faut dire, c'est climatisé presque partout (quand il y a de l'électricité bien sûr). Un des vendeurs me donne une adresse en centre-ville juste à côté de mon auberge : c'était bien la peine de se déplacer jusqu'ici ! Effectivelent, de retour en centre-ville, je trouve ce que je cherchais. Troisième validation.

Il me faudra aussi quelques matés. Les boutiques touristiques du centre sont pas idéales pour le style que je recherche, mais j'en trouve quand même 3 relativement jolis. Validation.

Buenos-Aires-II-002.jpgA force de valider, je commence à être juste en fric, et je compte pas retirer une fois de plus : j'ai déjà assez nourri ces sangsues de banques pendant 4 mois et demi ! Heureusement il me reste assez pour ma dernière Quilmes (rappel : une bière peu australe mais très consommée en Argentine) et surtout pour mon dernier steak king size. La mauvaise surprise, c'est que c'est interdit de boire de l'alcool à l'auberge, sauf le leur (qui est hors de prix bien sûr). Je me retrouve à picoler secrètement dans le dortoir en finissant mon Monde Diplo édition Argentine. C'est un peu triste pour un début de dernière soirée. Ca continue moyen : diner en tête-à-tête avec la télé. Heureusement, le dernier steak king size est à la hauteur de l'événement, et la télé aussi (écran géant, et je trouve une émission d'alpinisme). Y a même une brésilienne, un peu en loose elle aussi, qui trouve ça épanouissant de regarder une émission d'alpinisme avec moi. La pauvre elle doit vraiment être déprimée ! Je finis la soirée dans le dortoir à discuter avec deux hollandais qui se sont fait voler leurs portefeuilles au terminal de bus et se retrouvent bloqués 2 semaines à Buenos Aires en attendant leurs nouvelles cartes bleues et leurs nouveaux passeports. Ca me rappelle des choses... Grosse ambiance donc pour cette dernière soirée en Amérique du Sud.

La nuit est trop chaude, et c'est avec plaisir que je me lève à 5h du matin. Les rues de Buenos Aires à cette heure sont tranquilles et la température y est supportable. Deux heures de bus et deux heures de formalités plus tard, je suis dans la salle d'attente de l'aéroport. L'avion est retardé de 3 heures. A la télé, on nous montre en direct une émeute au terminal de bus de Buenos Aires, celui où j'étais la veille à la même heure. Les racailles callassent les bus. Une sympatique façon de me dire au revoir.

Une escale et 3 films plus tard (dont The Return of the King, 3ème volet du Seigneur des Anneaux), le Magic Red Carpet attérit à Paris et le soleil fête le retour du roi sur ses terres. Le peuple se prosterne devant moi, sauf les officiers de douanes qui prennent leur temps.

Voilàc'est fini ! Je vais maintenant reprendre une alimentation normale, à base de champagne, fois gras et camembert.
Quant à mon tapis volant, il va maintenant se reposer quelques temps à Grenoble... pas trop longtemps j'espère !

Buenos-Aires-II-012.jpg
Merci à tous d'avoir suivi et participé à ces aventures !

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 21:00
Mendoza, c'est une histoire de température et de météo.

En fait, tout commence à Tucuman, où il fait hyper chaud et humide. Comme prévu, le soir, je prends mon bus de nuit à destination Mendoza. On roule 2 heures, et crac, la clim rend l'âme. On s'en aperçoit pas tout de suite, surtout que la clim de l'étage inférieur, où est le stewart, marche toujours. Mais en haut, ça devient vite un sauna. La compagnie de bus (Andesmar, à rajouter à ma liste noire) finit par réagir et improvise un changement de bus à minuit dans un hangar glauque en banlieue de je ne sais quelle ville. On repart. Une heure plus tard, re-crac, la clim du nouveau bus meurt aussi. A l'étage supérieur uniquement, bien sûr. On re-crève de chaud. En ouvrant les aérations du toit, on sauve la nuit. Mais dès que le jour se lève, on cuit à petit feu. Avec cette histoire, je chope une bonne crêve que je vais garder pendant une semaine.

Mendoza-004.jpgC'est donc bien cuit que j'arrive à Mendoza mercredi en fin de matinée. Il fait beau, très chaud et sec. Le temps idéal pour produire du vin rouge, la spécialité de la région. Je m'installe à l'auberge et pars à la chasse aux informations sur les treks, en attendant l'arrivée de Groju (ex-Flambyteam) et Nad (sa copine). La tâche est ardue, les agences de tourisme lâchent rien. C'est bien plus facile de se renseigner sur les visites viticoles... Ça occupe bien la journée, ou plutôt la fin d'après-midi, car il fait trop chaud pour faire quoi que soit avant 17h. Le soir j'attends Ju & Nad, qui viennent de Santiago, au terminal de bus... c'est le Flamby !!! Ils arrivent pas...
Ils débarquent à l'auberge le lendemain matin. Le bus avait 3 heures de retard. Ils ont dû se payer une nuit d'hotel, les pauvres ! Il est 10h, la chaleur sévit déjà et anéantit toute notre énergie. On décide donc de rester à Mendoza jusqu'au lendemain matin, dans l'espoir de mettre un plan au point Mendoza-016.jpgd'ici là. Dans l'après-midi, pendant que Ju et Nad font la sieste, je réunis assez de force pour me déplacer jusqu'à l'aquarium municipal (climatisé bien sûr). Je fais coucou à Nemo et ses potes, et surtout je fais connaissance avec Jorge (nom véridique), qui a été récupéré blessé au large de Buenos Aires, dans des eaux bien trop froides pour lui. On lui a donc fait une piscine à Mendoza. Allez Jorge, fait coucou aux lecteurs !
En fin d'après-midi, on finit par se motiver suffisamment pour réunir assez d'info et mettre au point un plan de trek. On dira que ça valide la journée.
En tout cas, l'auberge est très sympa, et le soir on s'organise un bon gros asado avec les autres pensionnaires.

Départ donc vendredi matin pour 4 jours de trek dans le Cordon del Plata, la chaîne de montagnes située entre Mendoza et la chaîne principale de la Cordillère des Andes. Une sorte de pre-cordillère, mais qui culmine quand même à 5900 m ! Il y a pas mal d'alpinistes qui viennent par là pour s'acclimater avant d'attaquer l'Aconcagua. Nous on y va sans ambition, pour échapper à la chaleur de Mendoza et à la foule du secteur de l'Aconcagua. Et de ce point de vue on a bien choisi !
La première étape est assez courte et on pose le camp à 3400 m, en bas d'une belle vallée glacière... juste à temps avant l'orage de grêle ! On découvre ainsi la particularité météo du coin : ça commence beau mais la forte chaleur dans la plaine de Mendoza condense de gros cumulus qui éclatent en orage sur le Cordon del Plata... jusqu'à 3 fois par jour !!! Bon, faut donc profiter de la matinée avant le premier orage.

Cordon-del-Plata-022.jpg
La deuxième étape consiste à remonter la vallée glacière jusqu'en haut d'un vérou rocheux, à 4200 m, où est situé le camp de base des principaux sommets de la chaîne. Cette étape est courte aussi, et heureusement car l'orage éclate dès 11h ! On passe donc l'après-midi sous la tente, à s'acclimater paisiblement, faute de pouvoir sortir. D'autant plus qu'il fait vraiment pas chaud à cette altitude ! Et quand ça se calme, on profite de la vue sur la vallée. Comme vous pouvez le constater, c'est très minéral (normal à cette altitude à cette latitude).

Cordon-del-Plata-034.jpg
Dimanche, on tente une petite ballade matinale avant que le ciel n'éclate. Ju et Nad renoncent très vite, au vu du ciel menaçant, et je continue seul. J'ai de la chance et le temps reste clair assez longtemps en altitude, ce qui me permet d'atteindre un petit col à 4850 m. A peine au-dessus du Mont Blanc. J'irai bien plus loin, vers le deuxième col à 5200 m, voir vers les sommets, mais le ciel se couvre et je choisis l'option sécurité.

Cordon-del-Plata-054.jpg
Cordon-del-Plata-073.jpgQuand j'arrive au camp, le mal d'altitude me rattrappe : un petit mal de crâne qui se soigne bien avec une demi-heure de sieste. Comme prévu, Ju et Nad sont déjà descendus au camp de basse altitude. Je plis ma tente, me mets en route et l'orage de grêle commence tout de suite après. En descendant, je croise un Québécois fou qui compte bivouaquer (sans tente). J'arrive au camp et l'orage se calme pour que je puisse installer ma tente. En fait le temps s'éclaircit bien dans l'après-midi, et avec Ju on en profite pour aller valider le Cerro Adolfo Calle (4300m). En fait d'un sommet, il s'agit d'un tas de cailloux qui ferait passer le massif de l'Oisans pour du beau rocher : une vraie bouse ! On redescend à temps pour l'orage. En fait, ce coup-ci c'est une vraie tempête de grêle puis de pluie qui durera jusqu'au milieu de la nuit. On teste les limites de nos tentes, sans les dépacer (ouf !). On dîne à l'étroit dans la tente de Ju et Nad. Ça se calme dans la nuit (Nad qui n'arrive pas à dormir peut relater exactement toute la chronologie de l'orage) et on est gratifié d'un magnifique lever de soleil sur la pampa de Mendoza (plein Est depuis notre vallée).

Cordon-del-Plata-083.jpg
C'est notre dernier jour de trek et le temps reste stable toute la matinée. Ju et moi on en profite pour se valider un autre sommet beaucoup moins bouseux, le Cerro Loma Blanca et ses deux grands frères voisins, sur la même crête. Ce qui vaut le coup d'oeil, et surtout la vallée adjacente, toute rouge.

Cordon-del-Plata-108.jpg
Finalement l'orage éclate vraiment quand on arrive en vue du refuge où vient nous chercher le minibus de transfert.

Aconcagua-006.jpgDe retour dans la fournaise de Mendoza, on vérifie les prévisions météo. Aucune évolution prévue : trop chaud en bas, trop orageux en haut : Ju et Nad retournent au Chili le lendemain matin. Moi il me reste 2 jours avant de rentrer à Buenos Aires. Comme il est hors de question de rester à Mendoza, je vais faire un tour vers l'Aconcagua, que je n'ai toujours pas vu. Il faut quand même se taper 4 heures de bus, ce qui me tue plus que la matinée de mardi. Dans l'après-midi, je monte au Cristo Redentor, fièrement installé en plein vent à un col à 4000m entre l'Argentine et le Chili. Malheureusement, le ciel est bien bouché et la vue pas terrible. On voit pas l'Aconcagua, snif...
Je descends à Puente del Inca, un hameau touristique dont tout l'attrait tient dans un pont naturel à la couleur jaune surréaliste. Ce qui sauve la journée, c'est surtout l'auberge que je trouve, où je rencontre de sympatiques Porteños Aconcagua 031avec qui on s'envoit un très bon asado (ça devient banal ? Pourtant c'est bon l'asado !).

Les prévisions météo pour le lendemain matin sont exceptionnelles, et je me lève donc suffisamment tôt pour faire l'ouverture (à 8h) du Parque Provincial Aconcagua. Les permis de trekking sont horriblement chers, sauf pour aller jusqu'au mirador voir la face sud du fameux Aconcagua (6962 m), sommet des Andes, des Amériques, de l'hémisphère Sud, de l'hémisphère occidental... bon, vous avez compris, c'est le plus haut sommet du monde en dehors du massif Himalayen ! Effectivement ça vaut le coup d'oeil, surtout qu'à cette heure matinale j'ai le parc pour moi tout seul. Ça donne envie de monter au sommet ! A voir pour un prochain voyage...

Aconcagua-018.jpg
Cordon-del-Plata-095.jpgAprès ça, il est temps de me débarrasser de mon pantalon de rando qui ne vaut vraiment plus rien, puis de se taper 4h de bus pour retrouver la fournaise de Mendoza. Ce soir, bus de nuit pour retourner à Buenos Aires.

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 16:30
nueva-botella-cristal.jpgLa Quilmes est la bière argentine la plus consommée. Pour ce que j'en ai vu, la moyenne nationale doit se situer vers 1 bouteille par adulte et par jour, sachant que la bouteille fait presque 1 litre. Elle se décline en plusieurs variétés, mais c'est surtout la Cristal (de type lager) que l'on trouve partout. Personnellement, je trouve qu'elle a pas beaucoup de goût mais qu'elle rafraichit bien, ce qui est déjà pas mal par ce temps de canicule.

La bière Quilmes tient son nom de la ville Quilmes, dans la région de Buenos Aires, où se trouve la brasserie.

La ville de Quilmes tient son nom d'un peuple indien, et c'est là que mon charabia devient intéressant (ou pas).

A une cinquantaine de kilomètres au sud de Cafayate, on trouve les ruines Quilmes, une citadelle construite à flanc de montagne par le peuple du même nom, à partir du XIème siècle. Le site est assez impressionnant par sa taille, même s'il ne reste que des murets en pierre. Par contre on connaît peu de choses du peuple Quilmes, ou alors c'est juste les guides. Actuellement, après de longues bagarres avec l'Etat et les propriétaires privés, c'est la communauté indienne du coin qui gère le site.

Les Quilmes, comme tous les peuples indiens du coin, ont été conquis par les Incas puis par les Espagnols. Ils réussirent à retrouver brièvement leur indépendance entre les deux conquêtes, profitant de ce que les Incas étaient trop occupés à affonter les Espagnols au Pérou pour se préoccuper d'eux. Les Quilmes ont ensuite férocement tenu tête aux conquistadors, ce qui leur valut une punition exemplaire : les 2000 survivants de la conquête furent envoyés à pied à Buenos Aires (à la ville de Quilmes en fait, d'où son nom) pour les humilier. Apres 6 ans de marche (c'est pas tout près), seulement environ 300 arrivèrent vivants. Les conquistadors, des vrais gentlemen.

Quilmes-008.jpg
Arriver aux ruines n'est pas facile, car les transports publiques font halte à 5 km du site. Ensuite il faut marcher sous le cagnard ou payer un pick-up local. Repartir est encore pire, car les bus sont pleins. Après le passage du dernier bus, je passe en mode autostopper et heureusement ça se passe pas trop mal. Je me fais déposer à Amaicha del Valle, le premier bled au sud des ruines, où je compte passer la nuit. J'y découvre un intéressant musée inconnu du Lonely Planet : il s'agit du projet d'un artiste local dont j'ai déjà oublié le nom. Il a construit un complexe pour exposer ses oeuvres (tapisseries indiennes et peintures), mais également pour traiter du milieu naturel et expliquer sa relation avec les indiens (la Pachamama, Terre Mère). Il y a donc un peu de tout ce qui touche à la vallée (géologie, paléotonlogie, préhistoire et histoire des communautés indiennes du coin, mode de vie, etc...). L'architecture du complexe est en soit une oeuvre d'art à la gloire de la Pachamama. J'y observe un beau coucher de soleil.

Amaicha-del-Valle-009.jpg
La suite est un peu galère. D'abord je trouve pas d'auberge, tout est plein. Je finis par m'installer dans un camping plein de backbackers argentins qui font la fête jusqu'à pas d'heure. Le sol est trop dur pour planter des sardines, et avec l'orage que l'on apreçoit sur les montagnes au font, c'est pas très rassurant. Heureusement il restera sur les montagnes. En plus il y a pas de peña ce soir, à cause d'un festival de théâtre de rue tout nul. Le lendemain matin, je prends le bus pour Tucuman. Je suis de mauvaise humeur, j'ai pas bien dormi. Je passe 2 heures debout car le bus est plein. Je me console avec le paysage. A Tucuman, au pied de la cordillère, il fait hyper chaud et humide. Pas moyen de rester dehors, et tous les musées sont fermés jusqu'à 16h. Alors je me réfugie dans un cybercafé et j'écris un article de blog.

Ce soir, je prends le bus pour un long voyage à destination de Mendoza. Si tout ce passe bien, je devrais y retrouver Groju et sa copine, pour une fin de voyage au goût Flamby...
 

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 10:00
Cafayate-004.jpgCafayate, un gros village des vallées Calchaquies, dans le sud de la région de Salta, est surtout connu pour ces vins. Après Mendoza, c'est probablement la région d'Argentine qui en produit le plus. La spécialité du coin : le Torrontés, un vin blanc très fruité. Alors ça tombe bien, la horde de backpackers assoiffés est très heureuse de pouvoir visiter les vignes, participer à des dégustations, voire acheter une bouteille. Il y a même un glacier qui fait des glaces au vin, glace au Torrontés en tête ! Bien sur je l'ai goutée, et j'ai pas été impressionné.

Mais croire que les backpackers viennent ici uniquement pour picoler, ce serait sous-estimer le packpacker, qui est de toute façon capable de picoler n'importe où. Non, le packpacker vient pour voir les très belles vallées Calchaquies, et en particulier l'extraordinaire Quebrada de las Conchas (la vallée des coquillages). Comme la Quebrada de Humahuaca, il s'agit d'une vallée de roches sédimentaires taillées par l'érosion. Les formes et les couleurs de la roche sont époustouflantes. J'en ai un premier aperçu dans le bus qui vient de Salta, juste assez pour avoir envie d'y retourner dans l'après-midi. J'hésite longtemps à opter pour la solution sportive, consistant à parcourir les 90 km de la vallée à vélo, mais la chaleur, le prix et la peur de rater les meilleurs endroits font pencher la balance en faveur de l'excursion touristique en minibus. Et je me félicite de mon choix ! On passe donc l'après-midi, jusqu'au coucher du soleil, à explorer les extraordinaires formations rocheuses. C'est trop beau pour que je puisse le décrire décemment ; je vous invite plutot à regarder les photos ici : http://picasaweb.google.com/guillaume.beutier/QuebradaDeLasConchas#
(Ce petit village touristique a une super connection internet, c'est incroyable !)

Quebrada-de-las-Conchas-052.jpg
Quebrada-de-las-Conchas-079.jpg
De retour à Cafayate le soir, je repars tout de suite à San Carlos, à 25 km de là, où a lieu un grand festival de musique folklorique. Le festival attire beaucoup de monde des alentours, et le petit stade du village est bien plein. Il y a tout ce qu'il faut en nourriture et en boissons pour passer une bonne soirée. Il y a aussi une grande foire d'artisanat de la région : on y vend des vêtements traditionnels (ponchos, etc...), des articles de cuir, des bijoux, de la nourriture (en particulier du fromage de chèvre, spécialité du coin, et du saucisson de lama), et pas mal de vin. Ca occupe bien en attendant que les choses sérieuses commencent, car ici les concerts ne commencent pas tot ! Le premier groupe intéressant, 4 gauchos du coin en vêtements traditionnels, arrive vers 23h.

San-Carlos-003.jpg
Il y a de l'ambiance, car le public connait bien les chansons, probablement des chants traditionnels. Et c'est comme ça toute la soirée : le public chante avec les groupes des airs populaires. Le temps passe, quatre groupes se suivent en ordre croissant de popularité.  Mention spéciale à Los Changos, avec le petit gros qui fait du violon et qui chante très bien.

San Carlos 010
Le dernier groupe n'a de folklorique que son chanteur d'origine indienne, sinon c'est de la pop. Heureusement il a des danseurs.

San Carlos 021
Cafayate-006.jpg La soirée se conclue vers 4h du matin par un feu d'artifice, et je vais me coucher bien heureux.
Forcément, le lendemain je ne me lève pas très tôt. Ma seule activité physique est une petite ballade au mirador de la ville. En fin d'après-midi, comme j'ai pas trop bu la veille, je m'autorise une visite de bodega. La bodega Nanni, qui produit du vin bio. Leur production est assez confidentielle et quasiment tous les stocks sont consommés dans la région. En tout cas, la dégustation est convaincante et j'emporte une bouteille de Torrontés pour la soirée. A ce moment là, je crois encore que je vais manger une salade...

C'est sans compter sur la grosse ambiance de l'auberge, où les gens jouent de la musique. Finalement, on s'envoie un bon asado et on finit la soirée à écouter de la musique et à danser dans une peña (bar-resto dansant).


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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 12:00
Salta 001Il fait extrêmement doux à Salta en ce vendredi 15 janvier, et c'est très agréable après la fournaise de la Quebrada de Humahuaca. On se croirait au printemps. À en croire le Lonely Planet, les Espagnols se sont installés à Salta à cause de son éternel temps printanier. C'est clair que s'il fait ce temps là toute l'année, jour et nuit, je veux bien m'y installer aussi.

Surtout que Salta a tout pour séduire : son architecture coloniale est resplandissante, à tel point que Cordoba devrait se faire du soucis pour son prétendu titre de plus belle ville coloniale d'Argentine. Surtout que, contrairement à Cordoba, Salta n'a pas été trop parasitée par les jésuites. On y admire non seulement des églises non-jésuites, mais également de beaux bâtiments à caractère non-religieux (excusez moi, mais les plus belles photos c'est quand meme des églises). En plus de son architecture, très bien mise en valeur la nuit, elle a pas mal de rues piétonnes et de beaux espaces verts et est entourée de collines verdoyantes. Salta, capitale de la province du même nom, est une ville très dynamique, même (surtout ?) la nuit. Difficile de s'y ennuyer.

Effectivement, je n'ai pas le temps de m'ennuyer, d'autant plus que passe un bon bout de la journée dans un cybercafé à écrire les deux articles précédants et à trier une pile de mails. Même pas eu le temps de voir le musée d'archéologie de haute-montagne ! Le soir, je vais dîner dans le quartier qui bouge avec Marion et Cécile, deux voyageuses françaises qui partagent mon dortoir.

Dommage que je n'aie plus le temps de trainer, j'y serais bien resté une journée de plus !
Je repars le lendemain aux aurores vers Cafayate.

Salta-008.jpg

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